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[J’ÉCRIS PARCE QUE JE VAIS DISPARAÎTRE]
J’écris parce que je vais disparaître C’était là, Ma fille assise dans l’escalier, je la regarde entre les barreaux Ne bouge pas J’aime continuer L’importance de se regarder Sans doute Le visage en veut un autre Les tout petits, ne plus rien dire Ainsi la nuit si j’entends le chat manger enfin, Lui si maigre, je sais qu’il bouge son menton aux os fins Il a besoin de manger, nous oubliant Pendant que la nourriture craque entre ses dents Les craquements, si on voulait, on saurait où c’est Passer entre les barreaux, les frôler Sans se faire peur Surtout quand un animal tourne sa tête, hésite, Puis retourne à son bol où il reste de la solitude Ariane Dreyfus, Le Dernier Livre des enfants, Éditions Flammarion, Collection Poésie/Flammarion dirigée par Yves di Manno, 2016, page 9.
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