|
[QUI N’A PAS VU CES VISAGES]
qui n’a pas vu ces visages (dans le film) offrant à la fois la crasse qui les écrase et le halo de lumière qui les fait infinis qui n’a pas vu ces personnages tenant du sous- prolétaire et du prophète (archétypes se cherchant corps et clochards à l’orée de la gloire) — qui n’a pas vu cela ne sait pas qu’ici la parole se fait chair et le terrain vague page d’évangile le terrain vague de ton visage : je tutoie comme le fait la caméra qui le fixe dans le plan ses cheveux en proie au vent qui souffle les creux et bosses toutes les aspérités de sa face où la lumière afflue / se diffuse comme ses paroles (ou comment filmer le discours sur la montagne) qui viennent du trou noir de la bouche remuant — tes paroles parvenant jusqu’à nous l’infini pour les siècles des siècles Yann Miralles, Des terrains vagues, Variations, Éditions Unes, 2016, pp. 24-25. Vignette de couverture de Jérémy Liron.
|
YANN MIRALLES ![]() Source ■ Voir aussi ▼ → (sur le site de BLDD) une fiche sur Des terrains vagues, Variations → (sur Ta résonance de Martin Ritman) un entretien avec Yann Miralles → (sur Terre à ciel) plusieurs poèmes de Yann Miralles (+ un mini-entretien de Cécile Guivarch avec Yann Miralles) → le site des éditions Unes |
Retour au répertoire du numéro de février 2016
Retour à l’ index des auteurs
» Retour Incipit de Terres de femmes

Laisser un commentaire