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TU JETTES L’ANCRE
Au fil de l’eau le vent soupire, toi. Dans ton sommeil mon tramail prend à son piège les pensées égarées, les bancs de poissons de l’âme sur le drap il reste le coquillage de tes formes, musique résonnante. Ici ta main touche les roseaux de la rive, une guipure de mousse dérivante, le tombeau d’une souche noyée, et vite tu souffles une vague coiffée d’écume. Le gris, l’or, le brun. Ces couleurs qui font luire ton corps. Tu ouvres encore tes yeux vers le matin, mais sans le savoir tu jettes l’ancre dans la vase profonde. Pentti Holappa, Locataire Ici-Bas, 1983 in Les Mots longs, Poèmes 1950-2003, Éditions Gallimard, Collection Poésie/Gallimard, 1997 ; édition augmentée 2006, page 82. Traduit du finnois par Gabriel Rebourcet.
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PENTTI HOLAPPA ![]() D.R. Ph. Jean-Marc de Samie Source : cipM ■ Pentti Holappa sur Terres de femmes ▼ → La matière est langage ■ Voir aussi ▼ → (sur Esprits Nomades) une page sur Pentti Holappa → Le site Pentti Holappa |
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