|
TROIS MOUVEMENTS
quand la tête tombe dans le corps, le corps de Douleur, la pensée s’éteint, ampoule décanillée dans l’impasse où tu vivais, où tu te pensais vi- vant, quand la tête tombe dans la douleur du corps, les mots vides se répètent dans l’ heure vide, le murmure est une herbe piétinée, le phénomène est sans mémoire, il n’a pas eu lieu [le bris de la biscotte…] il est des lieux perdus où rien ne peut être décidé dans le pressentiment du navire, qui n’existent pas, ni pressentiment ni navire, où tu ne peux pas te tenir, alors tu écris ce qui n’est pas, n’a pas été, ne sera pas : tu ne peux dire autrement si ce n’est te demander ce que tu as bien pu noter, non dans l’accueil d’une « survie » Danielle Collobert tu n’y consens pas ; et pourtant les anges de Nerval te font escorte ; nul ne les aperçoit, pas même toi Seigneur — soleil sur l’or vieilli des bâtiments — main froide sur le papier mes doigts errent sur la pierre nul humain où reposer ma peine, Seigneur l’embouchure de l’Euphrate est tarie et provoque l’oubli (de nous) Mathieu Bénézet, 2. « Le bris de la biscotte… », Premier crayon, Éditions Flammarion, Collection Poésie/Flammarion, 2014, pp. 66-67.
|
| MATHIEU BÉNÉZET ![]() Ph. © Hervé B. (France), All rights reserved. Source ■ Mathieu Bénézet sur Terres de femmes ▼ → [Nous sommes de lumière si étrangers vides] → Premier crayon (lecture d’Isabelle Lévesque) → Poëme (extrait de Premier crayon) → Une phrase maison (composés instables) [poème extrait de La Chemise de Pétrarque] ■ Voir aussi ▼ → (sur remue.net) L’Œuvre poétique de Mathieu Bénézet |
Retour au répertoire du numéro de mars 2014
Retour à l’ index des auteurs
» Retour Incipit de Terres de femmes

Laisser un commentaire