TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

William Carlos Williams | Asphodèle

Publié le :

27 mai 2011

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Catégorie(s) :




Asphodèle du Cap Corse 3
Ph. angèlepaoli







ASPHODEL, THAT GREENY FLOWER (Book I, excerpt)



Give me time,
time.
When I was a boy
I kept a book
to which, from time
to time,
I added pressed flowers
until, after a time,
I had a good collection.
The asphodel,
forebodingly,
among them.
I bring you,
reawakened,
a memory of those flowers.
They were sweet
when I pressed them
and retained
something of their sweetness
a long time.
It is a curious odor,
a moral odor,
that brings me
near to you.
The color
was the first to go.
There had come to me
a challenge,
your dear self,
mortal as I was,
the lily’s throat
to the hummingbird !
Endless wealth,
I thought,
held out its arms to me.
A thousand topics
in an apple blossom.
The generous earth itself
gave us lief.
The whole world
became my garden ! […]







ASPHODÈLE (Livre I, extrait)



Laisse-moi le temps,
le temps.
Quand j’étais petit garçon
je conservais un livre
dans lequel, de temps
à autre,
je pressais des fleurs
jusqu’au jour où
j’eus une belle collection.
L’asphodèle,
comme un présage,
en faisait partie.
Je t’apporte,
ressuscité,
un souvenir de ces fleurs.
Elles étaient suaves
quand je les pressais
et conservaient
longtemps
de leur suavité.
C’est un parfum curieux,
un parfum moral,
qui m’amène
auprès de toi.
La couleur
disparut la première.
Je dus relever
un défi,
ta chère personne,
moi, simple mortel,
gorge de lys
à l’oiseau-mouche !
Une richesse infinie,
pensai-je,
me tendait les bras.
Un millier de thèmes
dans une fleur de pommier.
La terre, en sa prodigalité,
ne nous refusait rien.
Le monde entier
devint mon jardin ! […]



William Carlos Williams, Asphodèle, suivi de Tableaux d’après Bruegel, édition bilingue, Éditions Points, 2007, pp. 32-37. Traduit de l’anglais (États-Unis) et présenté par Alain Pailler.






WILLIAM CARLOS WILLIAMS
Image, G.AdC






WILLIAM CARLOS WILLIAMS



■ William Carlos Williams
sur Terres de femmes


17 septembre 1883 | Naissance de William Carlos Williams
Beauté
[The sea that encloses her young body] (extrait de Spring and all)
20 août 1878 | William Carlos Williams, Paterson



■ Voir aussi ▼

→ (sur Poezibao)
une note bio-bibliographique sur William Carlos Williams
→ (sur poets.org)
une note bio-bibliographique (en anglais) sur William Carlos Williams
(+ de nombreux poems [dont Asphodel] et William Carlos Williams disant A Love Song et To Elsie)
→ (sur Modern American Poetry)
de nombreuses pages consacrées à William Carlos Williams
→ (sur YouTube)
William Carlos Williams lisant son poème « To Elsie » (enregistrement du 9 janvier 1942)



■ Voir encore ▼

L’asphodèle, plante du salut





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3 réponses à “William Carlos Williams | Asphodèle”

  1. Bonjour. Je découvre votre espace en suivant le fil tendu chez Araucaria.
    J’ai parcouru quelques pages et tout cela me plaît beaucoup. Vraiment un très beau blog, passionnant. Je vais prendre le temps de lire.
    Chriss sur son îlet

  2. christiane

    « Laisse-moi le temps… ». Quel est ce temps que demande William Carlos Williams à la vie ? Celui d’une écriture. Ce poème d’amour magnifique composé pour la femme aimée, Flossie, prend à l’asphodèle sa force de pousser même en enfer pour dire l’accomplissement lumineux dans cet inachevable de l’amour. Force et fidélité, sagesse et confiance. L’amour est plus fort que la mort…

  3. Rémi Gaudin

    …… Small flowers
    seem crowding to be in on the act:
    the white sweet rocket,
    on its branching stem, four petals
    one near the other to
    fill in the detail
    from frame to frame without perspective
    touching each other on the canvas
    make up the picture;

    the cranky violet
    like a knight in chess,
    the cinque-foil,
    yellow-faced –
    this is a French
    or Flemish tapestry-
    the sweetsmelling primrose
    growing close to the ground, that poets
    have made famous in England,
    I cannot tell it all:
    slippered flowers
    crimson and white,
    balanced to hang
    on slender bracts, cups evenly arranged upon a stem,
    foxglove, the eglantine
    or wild rose,
    pink as a lady’s ear lobe when it shows
    beneath the hair,
    campanella, blue and purple tufts
    small as forget-me-not among the leaves.
    Yellow centers, crimson petals
    and the reverse,
    dandelion, love-in-a-mist,
    cornflowers,
    thsitle and others
    the names and perfumes I do not know.
    ….
    p.236 WCW Paterson

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