TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Auxeméry | la mort des êtres…

Publié le :

02 décembre 2008

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Nous nous rassasierons de ce feu aigre
Ph., G.AdC







la mort des êtres…



la mort des êtres dénoue

une eau lâche les nourrit ―

la mort dissout les êtres

ce feu acerbe les rassasie ―

quand nous irons sous le ciel
parcourir les longues plaines

nous aurons en tête les cavales
& les ombres de leurs maîtres ―

danseurs

sur la steppe courent encore
les chevaux cousins du vent

:

nous boirons cette eau lâche qui corrompt
nous nous rassasierons de ce feu aigre

nous serons déliés




Jean-Paul Auxeméry, Les Animaux industrieux, volumen, Collection Poésie/Flammarion, 2007, page 105.





AUXEMÉRY


Auxemery
Source



■ Jean-Paul Auxeméry
sur Terres de femmes) ▼

petits animaux
tes haillons, bonhomme… (extrait de Failles/traces)





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3 réponses à “Auxeméry | la mort des êtres…”

  1. Christiane

    Etrange poésie d’une écriture qui m’est révélée par « ce feu acerbe » des mots dissous dans « l’eau lâche » de l’absence… Suivre les petits cailloux semés par Angèle, et dans les liens, par Florence, pour rencontrer Jean-Paul Auxeméry.
    Pour lui, quelques mots de plumes tendres, celles qui tombent des silences, des tendresses qui renouent les eaux primales de l’amour, qui recueillent les feux errants pour ensemencer la nuit froide et son cortège de soupirs. Pour lui, un chant d’aurore et de tendresse vigilante. Elles sont là ces bouches orantes, toutes douceurs accordées…

  2. agnès

    « la mort dissout les êtres »

    Pas que la mort… ou alors toute absence est une mort… :-/

  3. Agnès, je vois que tu tentes une percée au-delà de l’absence. Ce dont tes mots parlent, je l’ai vécu au plus près, au plus profond. Je connais la douceur qu’il y a à se laisser mourir dans le silence.

    Christiane, la poésie d’Auxeméry est une poésie étrange ! Poésie « primipare », totémique, propitiatoire ! A lire dans le silence de la nuit pour permettre aux grandes voix animales de lancer leur rut vers les étoiles ! Et aux mythes de nous donner à lire leur langage crypté !

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