![]() Samedi 17 juillet J’entends l’histoire La mère l’enfant Épargnés Les parents les amis Le père Ordre de les épargner Uniforme caparaçon à ses hommes Dans langue à eux Vocifère Deux syllabes Deux Les épargner Ordre Et aussitôt abaissent leurs canons Eux et filent doux Les épargner Ordre Et disparaître Mais dilapident leurs possessions Brisent l’abri La porte La table Renversent Tout Sens dessus dessous Souillent la citerne Plus D’eau À grands bruits Parlent S’esclaffent dans langue à eux Puis ce qui reste Trois fois rien De victuailles Et emportent avec eux le jambon Uniforme caparaçon parti Et ses hommes La vie reprend dans bois buvard Cris Et chants Froissements d’aile Et pieds furtifs La mère l’enfant Épargnés Les parents les amis Le père Se taisent Ne pleurent pas Ne rient pas Ne s’étreignent pas Se regardent d’un air gauche L’œil vide Prostrés La mère l’enfant Les parents les amis Le père On se tait On ne sait plus rien Se dire Rien se parler Se dire Un mot Courage Se dire : Pas pour aujourd’hui ! En rire : Pas pour aujourd’hui ! Se dire : Que je me pince pour y croire ! Non Comme si le cercle ouvert Fil rompu Et plus de début Pour repartir De début Pour repartir Encore Encore La mère l’enfant Les parents les amis Le père Élisabeth Chabuel, 7 44, K édition, 2008, pp. 30-31.
|
| ÉLISABETH CHABUEL ![]() Source ■ Élisabeth Chabuel sur Terres de femmes ▼ → Et ils sont (extrait) → Intime violence → [on ne pense pas au présent] (extrait des Passagers) → Veilleur (note de lecture d’AP) → Je (extrait du Veilleur) → (dans l’anthologie poétique Terres de femmes) Le Moment |
Retour au répertoire du numéro de juillet 2008
Retour à l’ index des auteurs
Retour à l’ index de l’éphéméride culturelle

Laisser un commentaire