TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Lutz Bassmann | Haïkus de prison

Publié le :

28 juin 2008

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »




Hakus_de_prison




HAÏKUS DE PRISON


L’odeur d’oignon
chevauche l’odeur d’urine
bientôt la soupe du soir
(p.9)


Cette nuit quelqu’un a hurlé
qu’on l’étranglait
personne ne sait si c’est vrai
(p.10)


Les mouches se font rares
le kirghize les attrape
et les mange
(p. 13)


En pleine nuit il y a eu un silence
ça a réveillé
tout le monde
(p. 15)


Sur la grisaille hostile du ciel
les barbelés dessinent
une touche d’humanité
(p. 19)


Aube terreuse
odeurs de ménagerie et de mort
nous avançons vers l’air frais
(p. 52)


Ce matin le pain des paysannes
avait un goût d’orties et de sciure
on a encore changé de région
(p. 53)


En rang cinq par cinq
le rideau noir de la forêt
se rapproche trop vite
(p. 68)


Un autre mélèze qui tombe
l’éclipse des projecteurs
ne dure qu’un instant
(p. 69)


Juste avant le matin le voleur chinois
se met à hurler
il a cru qu’il était mort
(p. 85)


Lutz Bassmann, Haïkus de prison, Collection « Chaoïd », Éditions Verdier, 2008.





Voir/écouter aussi :
– (sur YouTube) quelques
haïkus de prison ;
– (sur Poezibao)
Haïkus de prisons de Lutz Bassmann, par Tristan Hordé ;
– le site
Lutz Bassmann ;
– (sur le site du Magazine littéraire)
Le porte-voix de Volodine.



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5 réponses à “Lutz Bassmann | Haïkus de prison”

  1. PhA

    Alors, qui est Lutz Bassmann ?

  2. Cher Philippe,

    « Pendant la nuit l’analphabète a oublié
    la première lettre
    de son nom »

    Haïkus de prison, page 14.

    Amicizia,
    Angèle

  3. PhA

    Merci beaucoup, Angèle, pour cette belle – et convaincante – non-réponse.

  4. « Le Secours Rouge distribue des questionnaires
    Il faut indiquer
    Quels sont nos plats préférés »
    p.35

    « Souvent la solitude réelle
    Est plus grande
    Que quand on y réfléchit »
    p.34

    Pas encore fini, je n’ai pas envie de le dévorer et préfère le lire lentement afin de prendre du plaisir à chaque lecture, car il est assez court.

  5. sam

    Juste et bouleversant

    …les mots prennent corps…

    Le Vilain Petit Théâtre

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