TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

En amont de l’attente

Publié le :

27 avril 2008

/

Catégorie(s) :

,

Ph., G.AdC

EN AMONT DE L’ATTENTEEclaboussement


Elle sait elle se souvient

la rencontre le moment du
premier baiser
la montée de
l’absence en
elle
jubilation les yeux fermés
l’ascension lente
sans secousse
autre que celle
de l’émoi

elle sait elle se souvient

la porte qui s’ouvre longue
sur les résistances
ombre jetée à claire-voie
sur le lit brun
l’éclaboussement de lumière
colonnes blanches fronton cariatides
rideaux tirés sur leur désir
étreinte douce haleines tièdes
hors entrave hors
du temps

elle voit elle se souvient

les vêtements en chute lente
roulés en
joyeux pêle-mêle
elle d’abord elle ensuite
ailes jointes à même le jour
défait de ses habitudes
délié de ses formes
assise couchée dépliée bras et jambes
corps tapis dans la plainte du temps
le temps de se souvenir que l’autre
existe loin sous la peau à même
le flux et le reflux des jours
dans les avers de la mémoire
en amont de l’attente

elle voit elle sait elle sent
elle se souvient
se tait

Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli



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2 réponses à “En amont de l’attente”

  1. « La montée de l’absence en elle »
    Oui, cette fugue là ne s’oublie pas.
    « Dis, quand reviendra-t-elle ? »
    « ascension lente » de l’élixir extase.
    Soleil & Lune en fondu déchaîné.
    « Etreinte douce »
    Grammaire des Silences apprivoisés.
    Encore

  2. Ah, Mth, tu veilles sur moi, je le vois bien! Sois-en remerciée.
    Une bergeronnette lance son appel régulier au-dessus des toits. J’aime sa présence délicate et plaintive et ses trilles joyeux, aussi, par moments. Si tu tends l’oreille, tu peux l’entendre, elle te parle de la terrasse au tilleul et de nos rires partagés.

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