TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Raymond Carver | La Vitesse foudroyante du passé

Publié le :

22 mars 2008

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »


Journée mondiale de la Poésie




Jai_deja_reve_cela
Ph, G.AdC





La vitesse foudroyante du passé

Le cadavre nourrit l’angoisse de
hommes qui croient
au Jugement dernier et de ceux qui n’y
croient pas.

― André Malraux


Il enterra sa femme qui était morte dans
la misère. Dans la misère, il
gagna le porche, où il regarda
le soleil se coucher et la lune se lever.
Les jours semblaient ne passer que pour revenir
encore. Comme un rêve dans lequel on pense,
J’ai déjà rêvé cela.

Rien de ce qui arrive ne demeurera.
Avec son couteau il pela
une pomme. La pulpe blanche, corps
de la pomme, s’assombrit
et vira au brun, puis au noir,
sous ses yeux. Le visage usé de la mort !
La vitesse foudroyante du passé.

Raymond Carver, La Vitesse foudroyante du passé, Éditions de l’Olivier, Collection Poésie/Points, 2006, p. 95. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Emmanuel Moses.



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2 réponses à “Raymond Carver | La Vitesse foudroyante du passé”

  1. PhA

    « Dans le pré cet après-midi, je retrouve
    des tas de souvenirs invraisemblables. Le
    croque-mort demandant à ma mère si elle
    veut acheter un costume pour enterrer mon père avec
    ou seulement un manteau, je n’ai pas
    à répondre à cette question,
    ni à aucune autre. Eh bien, il est entré
    dans la fournaise en caleçon.

    Ce matin, j’ai regardé sa photo.
    Un type massif et râblé dans la dernière année
    de sa vie. Qui tient un saumon géant
    devant la cabane où il habitait
    à Fortuna, Californie. Mon père.
    Il n’est plus rien maintenant. Réduit à une coupe de cendres
    et quelques petits os. Ce n’est vraiment pas
    une façon
    de finir sa vie d’homme. »

    Raymond Carver, Le pré, La Vitesse foudroyante du passé, Collection Poésie/Points, 2006, p. 130.

  2. Pascale

    C’est précisément à cet autre poème de Raymond Carver que je pensais.

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