TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Marie-Ange Sebasti | Villes éphémères | Monique Pietri

Publié le :

15 janvier 2008

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Catégorie(s) :

Villes éphémères
(Photographies : Monique Pietri –
Textes : Marie-Ange Sebasti),
Jacques André éditeur, 2007.



Sebasti








QUELQUE CHOSE DE L’ENFANCE



Il y avait déjà, enfouies dans l’arrière-pays de ma mémoire oublieuse, Les Cités obscures de François Schuiten et de Benoît Peeters, Les Villes invisibles d’Italo Calvino et bien au-delà encore, perdues dans des lointains inaccessibles, les Cités du Delta et la Cité interdite. Viennent se joindre aujourd’hui au paysage de mes utopies (La Città del sole ?), les Villes éphémères de Monique Pietri et de Marie-Ange Sebasti. De tout autre nature. Villes miroirs mille reflets dans l’eau.

De Bastia à Venise, d’Ajaccio à Centuri, de Corse en Chine ou au Cachemire, les reflets des Villes éphémères parlent toutes un même langage. Celui de l’entre-deux des liminaires. C’est là que se lisent, entre lumière tremblée et « ombre portée » des façades des porches, entre couleurs moirées et lignes déjouées, les miroirs qui se jouent de tous les faux-semblants. Derrière les jalousies mi-ouvertes mi-closes, les Villes éphémères parlent au voyageur de la rencontre croisée entre photographie et poésie. Rencontre aux confins du silence des mots et de l’image. Une invite partagée par l’une et l’autre artiste à s’insinuer par-delà les apparences, à suivre en demi-teinte le passant jusque dans l’entrebâillement d’une porte. Une invite aussi, peut-être, à se couler jusqu’au limen des contradictions intérieures. Derrière le masque, « la vraie vie » ?

Il se dégage des Villes éphémères une douceur qui berce de lenteur nos rêves « rougeoyants ». Quelque chose de l’enfance se lit entre les lignes courbes des marelles du ciel et des méandres de nos jours. Un décor fluide, évanescent, quasi incertain se dessine au-delà des barrières du temps. Patrimoine que grandit le mariage harmonieux des mots et de l’image. Les « yeux ouverts » « dans le chalut des jours ».



Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli





■ Marie-Ange Sebasti
sur Terres de femmes

→ une fiche bio-bibliographique [BIO-BIBLIO] sur Marie-Ange Sebasti
→ une petite anthologie poétique de
Marie-Ange Sebasti
Rue natale (extrait de La Caravane de l’orage)
Cette parcelle inépuisable (note de lecture d’AP)
Demain (extrait de Marges arides)
→ «
Notre héritage n’est pas forteresse »
[On voudrait partager sans parole] (extrait de La Connivence du marchand de couleurs)
Parlemente (extrait de La Porte des lagunes)
Plage d’encre (extrait de Haute plage)
Quand les îles pouffent de rire (extrait de Presque une île)
[Un chemin de silence a gonflé ton chargement de mots] (extrait de Cette parcelle inépuisable)
Une petite vieille en noir (extrait de Paroles pour une île)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Ils étaient partis
→ (dans la galerie Visages de femmes)
le Portrait de Marie-Ange Sebasti (+ un extrait de Paroles pour une île et de Corse, dans le chalut des jours)
→ (avec Monique Pietri)
Bastia à fleur d’eau
→ (avec Monique Pietri)
Garder infatigablement les yeux ouverts (extrait de Villes éphémères)



■ Voir aussi ▼

→ le
site de Monique Pietri





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