TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Anne-Marie Albiach | Cette douceur

Publié le :

26 décembre 2006

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



En_de_des_perspectives_dune_raison
Ph., G.AdC






CETTE DOUCEUR [extrait]



dans un temps immédiat
ce même souffle ascendant
élague nos gestes musicaux
une architecture sauvage
immémorielle
en deçà des perspectives d’une raison


Respiration, souffle dans ces univers parallèles
pour lesquels le passage est telle déchirure
d’un arbre qui éclate ses fruits la nuit
jusqu’au redressement de la pierre incessante
Silence de la mutité bleue
une ferveur parcourt les membres endoloris
sous les sarcasmes




Anne-Marie Albiach, Cette douceur [extrait] in « Figure vocative », Lettres de Casse, Draguignan, 1985 ; rééd., Fourbis, 1991 ; rééd. Éditions Al Dante, Romainville, 2006, pp. 24-25.





ANNE-MARIE ALBIACH


Albiach
Image, G.AdC



■ Anne-Marie Albiach
sur Terres de femmes

Le chemin de l’ermitage
Flammigère [I]
La Gradiva
la voix distincte (+ bibliographie)
4 novembre 2012 | Mort d’Anne-Marie Albiach
→ (dans la galerie Visages de femmes)
Délinéation du désir



■ Voir | écouter aussi ▼

→ (sur le site du cipM)
une fiche bibliographique sur Anne-Marie Albiach + un extrait sonore (La Nuit) [pour un accès direct à l’extrait sonore, cliquer ICI]
Anne-Marie Albiach dire « Énigme IX » (État) et « Esquisse: le froid » (Mezza voce). Enregistrement effectué par Jonathan Skinner dans l’appartement de la mère de l’auteur, rue de l’Hôtel-de-Ville à Neuilly-sur-Seine, le 29 juillet 2000 et le 31 juillet 2000 (Source : Kenning 12)
→ (sur YouTube)
Anne-Marie Albiach – In Memoriam (une émission d’Alain Veinstein sur France Culture avec Anne-Marie Albiach en 2003)





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Une réponse à “Anne-Marie Albiach | Cette douceur”

  1. il était mon souffle et son souffle m’a tuée un jour de printemps,
    il était ma raison d’être, puisqu’il avait mon rêve dans sa mémoire,
    il était mon souffle et son souffle m’a tuée un jour de printemps,
    je n’étais plus, je n’existais plus il avait pris mon rêve, il avait soufflé mon rêve qui s’engouffrait dans la spirale de son enfer, de son vide,
    j’aurais dû, j’aurais dû, seulement voilà, il était trop tard quand j’ai su que c’était lui qui m’avait tuée ce matin-là, ce matin de printemps.
    j’étais dans l’autre monde et je ne le voyais plus,
    et lui devait bien rigoler par ce matin-là, ce matin de printemps, il avait pris mon rêve et m’avait assassinée parce que mon rêve c’était ma raison de vivre,
    et de l’autre côté du monde, l’on m’a dit que c’était lui qui avait mon rêve et qu’il fallait que je revienne le chercher. Je l’ai cherché, cherché pendant longtemps, je n’ai pas retrouvé mon rêve, je suis repartie dans l’autre monde et l’on m’a dit que je n’avais pas retrouvé mon rêve, il me fallait encore repartir pour un grand voyage.
    j’ai beaucoup réfléchi et j’ai encore marché, marché longtemps et quand je me suis arrêté de marcher,
    j’ai rencontré mon rêve dans le regard de quelqu’un et j’ai dit que c’était mon rêve et il m’a dit que c’était mon rêve et qu’il m’attendait depuis tellement longtemps qu’il ne pensait plus me voir, plus à mon rêve qu’il avait dans les yeux.
    et depuis, je ne marche plus, je passe mon temps à écrire mon rêve, dans le souffle du regard de celui qui m’a redonné mon rêve.
    et un matin, je partirai dans l’autre monde avec mon rêve dans les mains, et, je sais bien que je ne reviendrai jamais.
    clem

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