De retour hier dans mon village du Cap Corse, j’ai tout aussitôt dépouillé mon courrier. Parmi les diverses enveloppes, l’une a éveillé plus particulièrement mon attention et ma curiosité. Elle contenait le n° 24 (septembre 2006) de Basilic, la Gazette de l’Association des amis de L’Amourier (voir le site Basilic et le blog Les voix du Basilic).
Annoncée à la une, une chronique de Yves Ughes (De la toile et quoi d’autre ? Terresdefemmes.blogs.com. De la toile et des mots, un maillage possible. Folio 7). Je retranscris ci-dessous cette chronique :
Terresdefemmes.blogs.com
La revue littéraire, artistique et cap-corsaire
Et j’ai pu enfin crier Terre.
Cette chronique pourrait aujourd’hui tout aussi bien s’appeler l’aveu. Qu’importe le devoir de retenue, j’avoue.
Ma panique : quand nous avons entrepris l’exploration des sites littéraires, tout balbutiait encore, et je pouvais me balader en flâneur dans ces débuts prometteurs, les saisir avec sérénité et même avec nonchalance.
Mais voilà, la France compte désormais 27 millions d’internautes et les sites se trouvent en délire exponentiel.
Tiens, ose l’expérience : tape site de poésie contemporaine. Avec un moteur j’ai reçu 39 612 réponses, avec l’autre 905 000. Impuissance de mes nuits.
J’avoue mon agacement, aussi. La poésie là comme ailleurs s’accouple trop souvent à tous les clichés qu’on lui prête, la voici ludique, fatalement propice à l’évasion, obligatoirement éthérée, fleurant bien les roses surannées et les douceurs chamallowesques, vaporeuses, mousselineuses.
J’ai donc fait un tour par des sites déjà chroniqués, pour me retaper le moral. J’ai bien fait, allez voir chez Sitaudis, une pétition d’actualité, Pour ne pas finir entre nous. Etrangers, ne nous laissez pas seuls avec ces Français-là !
Mais, bon, m’a fallu continuer de chercher du neuf.
Tiens, Terres de femmes. J’avoue mon attrait, et ma réticence. Ecriture féminine, littérature et rêves féminins ? Féminisme… Je redoute l’écueil, et ose l’écrire même si j’entends voler les flèches visant mon supposé machisme estampillé rital. L’aveu m’est d’autant plus facile que ce site m’a d’emblée emporté. Fort, tonique, efficace. Il est accueillant et radieux et je n’emploie mes adjectifs que sous la forme masculine pour éviter définitivement tout malentendu.
Terres de femmes est tout simplement un territoire à explorer, une terre de découvertes, de corbeilles offertes. Un espace de belle qualité graphique, qui incite au parcours serein. Site ou blog ? Plutôt blog, nous montrant ce qu’on peut faire de mieux en ce domaine. Je suggère que la découverte s’organise à partir de la rubrique de l’index alphabétique de mes topiques. On entre dans un monde, on perçoit des relations, on accède à cette texture intime où se tisse la création, où sont engendrés des textes qui conduisent de soi aux autres. Ancrage dans des lieux corses, dans des portraits, liens entre textes, photos, voire extrait musical. Ancrage aussi dans des lieux clés de la culture littéraire, surgissent, arbitrairement dictés par les influences, les auteurs tutélaires. A partir de là on peut découvrir l’ensemble du site, l’index des auteurs, les chroniques de femmes, autofiction … notamment, et encore les albums photos, la langue ardente…
Terres de Méditerranée, terres de mémoire et terres insulaires
Si l’insularité y est explicitement revendiquée, c’est avec une telle ouverture qu’on se dit qu’il faut y aller voir, s’y promener. Le lieu est ouvert depuis 2004, et chaque mois offre des sentiers à parcourir. Il serait regrettable de rester plus longtemps rivé sur le continent quand on est invité à de telles traversées.
Merci à Angèle Paoli, grâce à son travail, j’ai pu crier Terre, j’ai pu toucher terre, et me balader enfin avec sérénité, nonchalance et bonheur.
Yves Ughes
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