TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Marie-Ange Sebasti | Quand les îles pouffent de rire

Publié le :

01 juillet 2006

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »
Topique : Insularité



A_ne_pas_dcolrer
Ph., G.AdC






QUAND LES ÎLES POUFFENT DE RIRE



Quand les îles pouffent de rire
elles s’en vont à la dérive
vers de vieux continents gloutons

Aussi préfèrent-elles
s’obstiner

A ne pas décolérer



Marie-Ange Sebasti, Presque une île, La Marge Édition, 1997. Préface de Charles Juliet, page 37.






Laltire_beaut_des_torrents
Ph, G.AdC






« En des poèmes elliptiques, à voix retenue, Marie-Ange Sebasti nous parle de son amour pour la Corse, cette terre où vivent ses racines, et à laquelle elle est à ce point attachée que pour elle ailleurs n’existe pas. Mais l’île est une île meurtrie : envahie, dépossédée de sa solitude, elle est livrée aux camelots, tandis que crépitent les mots de l’orage et que la vendetta se poursuit.

En écho à ces tristes circonstances, à ces malheurs, une plainte étouffée entretient en ces vers une sourde vibration. Mais il arrive que cette plainte émane d’une douleur plus intime :

Elle figurait éperdument
dans le choeur des pleureuses

depuis qu’elle n’avait pu mettre au monde
la joie

qu’elle avait violemment
conçue dans son coeur.


Surcroît d’amertume : il faut quitter l’altière beauté — celle des montagnes, des torrents, des champs d’oliviers, des plages — et vivre enfouie dans le terrier de l’exil. Écrire permettra alors de vaincre le noir, de combler le manque, de conjurer l’attente. L’attente de se retrouver à Sartène, au coeur du monde.

Poèmes âpres, tendus, abrupts. A l’image de cette île qui, jour après jour et d’une voix rauque, invite Marie-Ange à prendre la voie du retour. »



CHARLES JULIET, Presque une île, Préface, op. cit. supra, page 7.





MARIE-ANGE SEBASTI

Marie-Ange Sebasti
Image, G.AdC



■ Marie-Ange Sebasti
sur Terres de femmes

→ une fiche bio-bibliographique [BIO-BIBLIO] sur Marie-Ange Sebasti
→ une petite anthologie poétique de
Marie-Ange Sebasti
Rue natale (extrait de La Caravane de l’orage)
Cette parcelle inépuisable (note de lecture d’AP)
Demain (extrait de Marges arides)
→ «
Notre héritage n’est pas forteresse »
[On voudrait partager sans parole] (extrait de La Connivence du marchand de couleurs)
Parlemente (extrait de La Porte des lagunes)
Plage d’encre (extrait de Haute plage)
[Un chemin de silence a gonflé ton chargement de mots] (extrait de Cette parcelle inépuisable)
Une petite vieille en noir (extrait de Paroles pour une île)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Ils étaient partis
→ (dans la galerie Visages de femmes)
le Portrait de Marie-Ange Sebasti (+ un extrait de Paroles pour une île et de Corse, dans le chalut des jours)
→ (avec Monique Pietri)
Bastia à fleur d’eau
→ (avec Monique Pietri)
Villes éphémères (note de lecture)
→ (avec Monique Pietri)
Garder infatigablement les yeux ouverts (extrait de Villes éphémères)





Retour au répertoire du numéro de juillet 2006
Retour à l’ index des auteurs
Retour à l’ index de mes Topiques

» Retour Incipit de Terres de femmes

Laisser un commentaire

Articles reliés