LETTER TO AN OLD CALLIGRAPHER
A hundred days
Along shore and mountain
with eye open
for heron and cormorant
now writing this
at the world’s edge
in a silence become
a second nature
coming to know
in brain and in bone
the path of emptiness
LETTRE À UN VIEUX CALLIGRAPHE
Cent jours passés
par les grèves et les montagnes
à l’affût
du héron et du cormoran
puis écrire ceci
à la lisière du monde
dans un silence devenu
une seconde nature
et connaître à la fin
dedans le crâne, dedans les os
le sentier du vide
Kenneth White, Terre de diamant, Grasset, 1983, pp. 76-77. Traduction française par Philippe Jaworski, Marie-Claude White et l’auteur.
COMMENTAIRE DE L’AUTEUR
« Seuls ceux qui ont l’esprit diamantin et qui ont réalisé le non-moi peuvent reconnaître la lumière », lit-on dans un texte chinois. Plus précisément Terre de diamant est le nom d’un mandala, lieu à l’intérieur duquel le méditant essaie d’atteindre à la conscience lumineuse. Mais le mandala n’est pas nécessairement un lieu spécialement préparé. « Où que l’on parvienne à l’illumination, dit un texte indien, ce lieu est comme un diamant. »
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