TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Kenneth White | Lettre à un vieux calligraphe

Publié le :

07 juin 2006

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Un_silence_devenu_une_seconde_nature_1LETTER TO AN OLD CALLIGRAPHER



A hundred days
Along shore and mountain

with eye open
for heron and cormorant

now writing this
at the world’s edge

in a silence become
a second nature

coming to know
in brain and in bone

the path of emptiness







LETTRE À UN VIEUX CALLIGRAPHE



Cent jours passés
par les grèves et les montagnes

à l’affût
du héron et du cormoran

puis écrire ceci
à la lisière du monde

dans un silence devenu
une seconde nature

et connaître à la fin
dedans le crâne, dedans les os

le sentier du vide



Kenneth White, Terre de diamant, Grasset, 1983, pp. 76-77. Traduction française par Philippe Jaworski, Marie-Claude White et l’auteur.






COMMENTAIRE DE L’AUTEUR


« Seuls ceux qui ont l’esprit diamantin et qui ont réalisé le non-moi peuvent reconnaître la lumière », lit-on dans un texte chinois. Plus précisément Terre de diamant est le nom d’un mandala, lieu à l’intérieur duquel le méditant essaie d’atteindre à la conscience lumineuse. Mais le mandala n’est pas nécessairement un lieu spécialement préparé. « Où que l’on parvienne à l’illumination, dit un texte indien, ce lieu est comme un diamant. »





■ Kenneth White
sur Terres de femmes

Conrad sur L’Île-Grande
La Corse est un cosmo-poème
Ici, sur l’île aux oiseaux



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2 réponses à “Kenneth White | Lettre à un vieux calligraphe”

  1. (ce texte calqué et différent de cette « lettre à un vieux calligraphe » est sorti en une minute; un espontaneo diraient les amis hispaniques : c’est dire sa force et ses faiblesses)

    Soixante et un an passés
    par les lèvres et les livres

    En alerte des voix autres
    et des regards multiples

    Puis laisser cette trace
    au sortir du labyrinthe

    Aucun nom aucun corps identifiables

    Mais une porte par laquelle
    Tout homme et toute femme
    Peuvent entrer et sortir

  2. Tant et tant de jours passés
    à humer l’air
    des rêves et des fantaisies
    à épier l’indicible des choses
    dans l’infini du ciel
    et des étoiles du gecko

    puis écrire ces mots
    devant la porte entrebâillée
    hasarder un regard
    dans les recreux du labyrinthe
    sauter à cloche-pied
    sur les traces à demi
    effacées
    et rire, rire enfin
    à l’air du soir
    et à la beauté
    égarée du monde

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