TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Éclats d’éclats (02) : Fureur

Publié le :

03 juin 2006

/

Catégorie(s) :

,

Éclats d’éclats


FUREUR



Polaroid_02_tuer
Polaroid, G.AdC



Fureur

posée dès le matin

au cœur des jeux

Rien d’autre

sinon

tuer le rêve

de mort

lente






Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli


=> Suite Éclats d’éclats (03)




Retour au répertoire de juin 2006
Retour Incipit Éclats d’éclats : Poésies polaroïds.
Retour à l’index de la catégorie Zibal-donna

» Retour Incipit de Terres de femmes

9 réponses à “Angèle Paoli | Éclats d’éclats (02) : Fureur”

  1. Flap … l’oiseau se pose et dépose … et répond à la fureur par la fureur …

    *

    Le combat …

    C’était l’heure du choc, du cri, des tremblements
    L’heure où de la dame noire aiguise un peu sa faux
    L’heure où le souffle court mais tenaces et vivants
    Une assemblée de gnomes affronte tous les maux

    Et le vent fou furieux s’engouffrait dans les arbres
    Arrachant de ses griffes des lambeaux de tourment
    Aux lourds nuages sombres à l’aspect bien macabre
    Que des éclairs hideux éclairaient par moments

    Le feu dans la clairière puissant mais tourmenté
    Rougissait les visages et allongeait les ombres
    La meute silencieuse des loups de la contrée
    Veillait à quelques pas au milieu des décombres

    C’était l’heure du choc, du cri, des tremblements
    L’heure des guerriers lourds d’armes avides
    L’heure où les yeux des fous brillent au firmament
    Des ventres tordus de peur et des rires insipides

    Et le vent fou furieux s’engouffrait dans les arbres
    Emportant avec lui le bruit mat de la hache
    Qui broie en un instant la tête candélabre
    En rougissant sa lame du souffle qu’elle arrache

    Le feu dans la clairière puissant mais tourmenté
    Eclairait les gisants de boue sanguinolente
    On courrait de partout encore on se battait
    Pénétré par l’horreur à l’odeur si présente

    C’était l’heure du choc, du cri, des tremblements
    Une heure où tout finit, une heure de précipice
    L’heure où la fée Amour dormait résolument
    Laissant là les humains boire dans le calice

    *

    busard

  2. Flap … again pour un nouvel opus … une suite en quelque sorte … mon intention était de rentrer à l’intérieur du combat … de focaliser sur l’instrument …

    *

    La lame …

    La lame file sifflant les serpents
    En une danse étrangement lucide
    Virevolte et s’infiltre aux fontaines de sang
    Guidée par une main acide

    Elle donne la mort et elle prend la vie
    Fiévreuse d’une rage avide
    Et le froid de l’acier s’insinue à l’envi
    Des larmes aux couleurs humides

    La lame choque la lame amère
    Sonnant de déception de ne pouvoir tuer
    Etincelles bleuies de frustrations entières
    Eclat mat et vibrant de violence indomptée

    La lame est possédée par l’honneur du guerrier
    Qui la brandit bien haut aux idées vertueuses
    De la foi, de la loi, du bon droit coutumier
    Au respect de la règle dictée incestueuse

    Mais la lame est perdue au-delà de son âme
    Quand elle ne sert plus qu’au travers d’une balle
    Qui déchire cet air sec détonnant de la flamme
    A ce cœur éclaté du rythme qui s’emballe

    La balle silencieuse fusionne la chair
    De ce doigt qui appuie, appuie, appuie
    Anonyme et discrète frappant en un éclair
    Terreur de cet ennui, ennui, ennui.

    *

    busard

  3. nobody

    Ces éclats dispersés, ces mots qui s’éloignent ont une musique profonde et très pure… Rien de superflu, juste l’essentiel, l’ossature.

    J’aime particulièrement ce poème, sa fin comme un couperet : tuer le rêve de mort lente…

    A bientôt, Angèle !

  4. Flap … pour terminer la trilogie … après pendant et dedans voici … avant … car l’horreur n’est-elle pas dans l’attente et l’inaction ?

    *

    Avant le combat

    Le tambour sonne au cœur d’un roulement lugubre
    Protégeant de la peur l’essence du guerrier
    Il clame avec vigueur des pensées insalubres
    Cette rage aux odeurs d’urine et d’air vicié

    Souffle court il attend, le sang battant aux tempes
    Poussé par cette envie d’entrer dans le néant
    A l’orage des sens coulant en pluie battante
    Dont il va s’abreuver à l’oubli de l’enfant

    Le tambour sonne lourd aux jambes qui fléchissent
    Les compagnons fragiles désespèrent du sort
    Les âmes sont à nu et les regards trahissent
    L’effroi, le désespoir et l’envie de la mort

    L’idée qui le soutient se brandit comme femme
    Ondulant des passions équivoques et sincères
    Lui donnant cette ardeur que procure la flamme
    Aux mains rougies souillées à l’encre délétère

    Le tambour sonne encore et toujours lancinant
    Les cris répondent au cri des hommes fascinés
    Ils répondent aux signes en se montrant ardents
    Prêts à donner leur vie à cette destinée

    Et les pieds qui trépignent en cadence le temps
    Qui rapproche la faux coupante et sure
    Des corps de cette lame à l’ouvrage pourtant
    Froide et précise aux éclats de morsure

    Le tambour gronde fou d’une joie de l’ivresse
    Répandant la clameur des paroles de haine
    A l’appel des sorciers fidèles à la déesse
    Sous le joug des damnés à l’âme dans les chaînes

    *

    busard

  5. Des mots?
    Ah oui, des mots!
    Raison, je te sacre vent du soir.
    Bouche de l’ordre ton nom ?
    Il m’est corolle du fouet.
    Beauté je t’appelle pétition de la pierre.
    Mais ah ! la rauque contrebande
    de mon rire
    Ah ! mon trésor de salpêtre !
    Parce que nous vous haïssons vous et votre raison,
    nous nous réclamons de la démence précoce de la
    folie flambante du cannibalisme tenace

    Trésor, comptons :
    la folie qui se souvient
    la folie qui hurle
    la folie qui voit
    la folie qui se déchaîne

    Et vous savez le reste

    Que 2 et 2 font 5
    que la forêt miaule
    que l’arbre tire les marrons du feu
    que le ciel se lisse la barbe
    et caetera et caetera…

    Qui et quels nous sommes ? Admirable question !

    Aimé Césaire,Cahier d’un retour au pays natal, Présence africaine, Collection Poésie, 1983, pp. 27-28.

  6. Flap … une forêt qui miaule …
    quelle sorte de forêt cela peut-il être ?

    mdrrrrrr

    busard

  7. j’aime beaucoup ces épingles qui s’enfoncent
    aussi lentement que leur ombre
    dans la chair

  8. Merci, Viviane. Grâce à toi, je redécouvre mes textes et les « polaroïds » qui les accompagnent. C’est toujours une surprise… et un grand plaisir que ce partage.

  9. Flap … pour un petit signe de l’oiseau à Angèle !!!!

Laisser un commentaire

Articles reliés