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À Andrée Chedid BRODERIE ORIENTALE inaudible attente temps suspendu émotions à l’usure visages obscurs visages sans tain façades aveugles sur la vie rôdent dans les travées de glace parfois un regard clair tente une percée musicale sur les décors absents une lumière sourde de silence enserre les vivants réunis là pour partager des mots liés dans l’univers flottant de la nuit orient et occident se toisent et tandis qu’à Bagdad coule le sang des affligés ici au cœur de l’immense vaisseau de verre le fond de l’air est à la poésie les broderies architecturales mirent leurs reflets de vitrail une flottaison de nuages fuit sur le fil coupant du parvis bleus mauves argentés gris même bain de couleur au-dedans au dehors promesses d’une possible harmonie à l’orée le grand vent balaie le ciel de bleu lavé des escadrons de phares glissent à même le quadrillage de la verrière à nu la longue cohorte des clignotants danse son ballet de passage au-dessus de toi le monde inversé de la ville se noie dans l’ininterrompu silence l’harmonie se brise dans le fracas des mots Institut du Monde arabe, mars 2006
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