Le Passeur de mélancolie, élégie aux bois peints
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TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli
Le Passeur de mélancolie, élégie aux bois peints
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« Le passeur de mélancolie »
Quel beau titre ! Je sens que cette série va être somptueuse.
Anghjula, Ivucciu !
… Qu’il puisse avoir d’autres désirs, qu’il puisse être éthique ou philosophique, sensible surtout, qu’il parle du présent, du passé, et du futur, c’est certain, on peut l’affirmer : l’Art nous le partageons, ou bien il ne peut être !
Grazie !
Amicizia
Guidu ____
Bien vu l’aperçu sur l’Art, si j’ose dire, Guidu. Vous êtes quand même fort dans votre domaine ! (je n’en ai jamais douté)
Amitiés,
Angèle,
tu dis l’élégie et j’entends le hautbois
fuite colorée en bois majeur.
Couleurs capturées au pas des heures de Guidu
mélange de vie n’est pas mélancolie.
Superbe!
Chère Pascale,
Le présent commentaire (le mien) n’a sans doute rien à faire ici au milieu du très beau Passeur de mélancolie d’Angèle. C’est à vous qu’il s’adresse. Vous semblez apprécier mon travail, il me faut donc vous en remercier ! J’en profite pour vous donner des explications sur ma façon d’envisager mon apport à la poétique des mots, qui, ici, dans Terres de femmes, sont un enchantement !
Je le fais donc avec le petit texte qui suit. Il n’est pas d’un écrivain mais d’un faiseur d’images. Il comporte une série de notations banales qui feront sans doute de belles photographies…
« … Il était arrivé devant la grille du jardin. La pluie avait redoublé d’intensité. la couleur de la terre derrière le portail s’était changée en ocre. Le jardin d’ordinaire terne s’était réchauffé de rouge. Un céramiste fébrile y avait déversé de la glaise encore écarlate, transformant sa matière première en oeuvre d’art. C’était ce que voyait Philippe. Une façon comme une autre d’imprimer son regard esthétique sur le vide de son existence.
Au fond du jardin, la petite maison 1930 avait l’air candide, un peu espiègle même. Les volets jaunes bouton d’or étaient percés de cœurs ajourés. L’eau qui ruisselait sur la façade laissait deviner l’état de délabrement de la construction. Un volet était décroché de la fenêtre. Le jardin lui aussi était mal entretenu. Les occupants n’avaient guère le goût du jardinage. Il se souvint qu’Agathe n’aimait pas la nature et préférait elle aussi l’âpreté des villes. Il avait été séduit par cette similitude de goût, et trouvait lui aussi ridicule cet amour proclamé de la nature. Les herses urbaines, disait-il, servaient de cadre naturel à sa vie. Il trouvait le chant des oiseaux plus oppressant que les coups de marteaux piqueurs… »
Amitiés (esthétiques ?)
Guidu ________
Merci Guidu. Je suis très sensible à votre commentaire et, grâce à votre texte, la machine de mon imagination esthétique est en marche. Que de couleurs évocatrices dans cet extrait ! Et des formes ! Et des sons ! Dommage que je ne sache ni peindre ni dessiner, je vous aurais rendu une interprétation parfaite de la maison et du paysage ! Dites-moi, auriez-vous à vos heures perdues (ou non !) des vélléités ma foi plutôt réussies d’écriture ? Et y a-t-il une touche autobiographique dans ce sympathique extrait ? A défaut de mon interprétation picturale, j’attends donc votre inspiration féconde pour générer, oui, de belles photographies, un de ces collages dont vous avez le secret, tout autant que l’art et la manière….Talent à « double tranchant » que le vôtre, celui des images et celui des mots, talent propre à susciter mon intérêt toujours renouvelé…
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