TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Sapphô | à son amie

Publié le :

27 octobre 2005

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »


Et_dans_ce_dsordre_il_me_semble
Aquatinte numérique originale, G.AdC




ODE DE SAPPHÔ À SON AMIE


« Heureux qui près de vous respire,
Et remarque à toute heure avec combien d’appas
Vous savez parler et rire;
Le plaisir qu’il goûte icy bas
Aux Immortels pourrait suffire.


C’est par ce ris et ce parler;
Que mon cœur se laisse troubler;
Car dès que je vous vois, je cherche en vain l’usage
Et de mes pas, et de ma voix;
Un feu vif et subtil me réduit aux abois;
Je sens couvrir mes yeux par un épais nuage.


Je n’entends rien distinctement;
Je sue, je pâlis, je frissonne, je tremble,
Je n’ay ny pouls ny mouvement;
Et dans ce désordre il me semble
Que je n’ay plus à vivre qu’un moment. »



Anonyme, d’une « Fille de qualité de Guyenne, âgée seulement dix-huit ans », d’après la traduction de Mlle Lefèvre, Le Mercure Galant, juillet 1684. In L’Égal des Dieux, Cent versions d’un poème de Sappho, Éditions Allia, 2001, p. 39.





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Voir aussi :
– (sur Terres de femmes)
Thème et Variations sur Aphrodite ;
– (sur Terres de femmes)
Sapphô/L’adieu.







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Une réponse à “Sapphô | à son amie”

  1. Eric

    Il m’apparaît l’égal des dieux
    cet homme qui face à toi
    est assis, et proche, t’écoute
    parler doucement

    et rire, désirable, ce qui certes
    dans ma poitrine a ébranlé mon coeur;
    dès que je te vois un instant, plus aucun son
    ne me vient,

    mais ma langue se brise, un feu léger
    aussitôt court dans ma chair
    avec mes yeux je ne vois rien, mes oreilles
    résonnent,

    sur moi une sueur se répand, un tremblement
    m’envahi, je suis plus verte
    que l’herbe, et peu éloignée de la mort
    je m’apparais à moi-même.

    Mais il faut tout oser, puisque

    Sappho, Ode à une Aimée, traduit par Pascal Charvet.

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