TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Idéal de bain

Publié le :

17 septembre 2005

/

Catégorie(s) :

,


Instables a cappella
(avant-propos)


Chjama è rispondi

Instable_12_mouture_dfinitive

Instable 12.
Idéal de bain

Elle a quitté le salon rouge
excédée de tant de velours
elle a revêtu un jeté de bain idéal
noir et blanc rayé blanc et noir
habillé ses diagonales

elle a traversé le parc sidéral
enjambé les allées peuplées d’ombres
survolé les bancs de pierre assis
à l’abri des grands arbres
rejoint le lac au fond du parc

elle a tendu son idéal de bain
au fond de l’eau
déposé le blanc et le noir
en diagonale sur le sable
habillé de sombre clarté
sa blancheur décadente

enlacée des langueurs de ses lianes


D.R. Image et texte : G.AdC/angèlepaoli


>>> SUITE (Instable 13)
Retour incipit et index des Instables


» Retour Incipit de Terres de femmes

4 réponses à “Angèle Paoli | Idéal de bain”

  1. Chère Angèle, juste quelques mots ici pour te dire tout simplement combien tes instables m’émeuvent et me parlent. On y entend la force du vent, les couleurs du temps sur les montagnes et le sable, les profondeurs de ton être. Une plongée dans l’intime. Les images de Guidu sont de véritables tableaux dans lesquels on se perd, on se fond. J’aime votre chant a cappella où chacun (on le sent) écoute l’autre, respecte sa création et la nourrit. Lumière, couleurs et éclairages superbes. Merci.

  2. Guidu et moi-même souhaitons te dire combien nous sommes émus par ton témoignage, qui rend compte d’une bouleversante sensibilité quasi symbiotique à ce projet. Je veux juste te dire que cette écriture « à vif et à chaud » sur les aquatintes de Guidu ont constitué pour moi un défi quotidien auquel je n’avais jamais jusqu’ici été confrontée. Je ne serais jamais parvenue à mes fins si en effet la tendresse et l’écoute n’avaient été au rendez-vous. Tu ne peux imaginer quel bonheur cela a été de confronter notre travail par une lecture en duo et à voix haute une après-midi d’août dans le fin fond de la Cinarca.
    Merci à toi, ma lectrice si vigilante et si attentionnée,
    Angèle

  3. Un texte tout simple comme je les aime, et une belle harmonie dans ces contrastes de photos. Pourquoi, quand tu écris, la rareté du « je » ?

  4. J’aime bien ta question, Jacques, et elle me conduit à me déshabiller un peu. Je ne me reconnais pas dans le « je », parce qu’il m’enga(je) trop à être ce que je ne veux plus être dans l’instant qui suit. J’aime dans le « elle/aile » le côté papillon, le côté polymorphe mais aussi distancié (le « elle » est parfois le je qui se met en abyme, comme dans un miroir). Paradoxalement, il y a pour moi plus de jeu dans le « elle » que dans le je. Et j’aime bien jouer à cache-cache avec moi-même. « Sphingem habe domi », comme il est inscrit sous la sphinge de la Bastie d’Honoré d’Urfé.

Laisser un commentaire

Articles reliés