Ph, G.AdC
ELLIPSE DE LA TRAGÉDIE
Elle marche nue parmi la foule
un voilier glisse à l’horizon des vagues
ellipse du silence
elle se heurte aux hommes en délire
elle délie ses nattes longues qui dansent sur son dos
elle regarde de haut trois gendarmes qui déplacent leur trèfle lent
ellipse des cloches à la volée
une jeune femme cherche d’un geste fou le bébé qu’elle porte à son flanc
une fourmi titubante à ses pieds tire à elle une écorce de pain doux
une libellule dorée la délivre de sa langueur
ellipse du regard
la ville inconnue estompe son mirage
inversés par la vie
les objets retrouvent leur espace assidu
elle demande sa route à une femme borgne
son œil mort lui montre le chemin
ellipse de l’énigme
elle se défait des objets qu’elle a cueillis au passage
la figue de barbarie renoue avec ses piques
le galet poli se couche dans la vague
la punaise des bois vogue sur le tilleul
l’épeire-diadème se coule dans sa toile
elle se love hors de son rêve
ellipse de la tragédie
Angèle Paoli, Ellipse de la tragédie, La Revue des Archers, Publication littéraire semestrielle, n° 16, mai 2009, page 157.
D.R. Texte angèlepaoli
Retour au répertoire de juillet 2005
Retour à l’index de la catégorie Zibal-donna
Laisser un commentaire