TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Juan Ramόn Jiménez | LA PAZ

Publié le :

24 mai 2005

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Sous_la_lune_dore
Ph., G.AdC






LA PAZ



Cuando esta madrugada
abran las campanillas granas
a la luna dorada,
tú nos estarás ya en casa,
sombra desnuda y blanca.

– Estarás noblemente
sosegada y risueña entre
la novedad alegre,
contenta de tu suerte
que te hace indiferente,
tras la vida, la muerte.-

Se irá encendiendo el día
con una luz tristísima ;
lea brisa verde y fría
llenará, como un agua descendida,
la azotea vacía.

– …¡Y habrá que levantarse,
y habrá que hacer ¡de prisa ! las cosas matinales,
y habrá que ver y oir por todas partes
los gritos, las carreras, los alardes,
– ¡sol en la pobre carne con su sangre ! -,
las deshumbradas fealdades acres !-

¡Crearme, recrearme, vaciarme, hasta
que el que se vaya muerto, de mí, un día,
a la tierra, no sea yo; burlar honradamente,
plenamente, con voluntad abierta,
el crimen, y dejarle este pelele negro
de mi cuerpo, por mí!
¡Y yo, esconderme
sonriendo, immortal, en las orillas puras
del río eterno, árbol
– en un poniente inmarcesible –
de la divina y májica imajinaciόn !






LA PAIX



Quand à l’aube les campanules
couleur grenat s’épanouiront
sous la lune dorée, toi tu ne seras plus
à la maison,
ombre nue et blanche.

-Tu seras noblement posée,
paisible et souriante,
dans l’instant nouveau et joyeux,
heureuse de ton sort,
qui te rend indifférente,
après la vie, la mort. –

Le jour ira s’illuminant
D’une clarté infiniment triste ;
La brise verte et froide
Emplira, comme une eau descendue,
La terrasse vide.

-… Alors il faudra se lever,
et faire, très vite ! les choses matinales,
et il faudra voir et entendre partout
les cris, les courses, les vantardises,
– soleil sur cette pauvre chair avec son sang ! –
les laideurs âcres et aveuglantes !-

Me créer, me recréer, me vider, jusqu’à ce que
celui qui mort, un jour, s’en ira de moi
dans la terre, ne soit pas moi ; déjouer honnêtement,
pleinement, délibérément,
le crime, et lui laisser ce fantoche noir
de mon corps, à ma place !
Et moi, aller me cacher
souriant, immortel, sur les rivages purs
du fleuve éternel, arbre
– en un couchant immarcescible –
de l’imagination divine et magique !




Juan Ramόn Jiménez, Beauté, José Corti, collection Ibériques, 2005, pp. 48-51. Édition bilingue.





JUAN RAMÓN JIMÉNEZ


Jimenez



■ Juan Ramón Jiménez
sur Terres de femmes

NOCTURNO
SOL (+ notice bio-bibliographique)
21 DE OCTUBRE
29 mai 1958 | Mort de Juan Ramón Jiménez



■ Voir aussi ▼

→ (sur le site du Prix Nobel) une
fiche biographique de Juan Ramón Jiménez
→ (sur le site de l’éditeur José Corti)
une fiche bio-bibliographique sur Juan Ramón Jiménez
→ (sur le site de l’éditeur José Corti)
plusieurs pages consacrée à Juan Ramón Jiménez





Retour au répertoire de mai 2005
Retour à l’ index des auteurs

» Retour Incipit de Terres de femmes

Laisser un commentaire

Articles reliés