![]() Maristelle, Nu À Colette Deblé L’ENCRE ET L’EAU La lumière fait pousser des formes un corps dans le papier et pourtant rien cette énigme va et vient au bout des yeux le temps n’est pas égal partout ni sur toutes les peaux celles que lave l’encre retiennent une vie sans vie l’attente close sur elle-même une illusion lestée de réalité ainsi sont faites les images leur avenir est en nous leur passé porte pourtant le présent de leur apparition le sens et l’instant mêlés puis emballés dans une peau voilà le secret des visages l’âme y vient plus tard comme une sueur de la mémoire chaque nom est la prothèse d’un espoir contre la déception quelqu’un est là sans être là il faut s’émouvoir du mystère l’ombre s’y fait blanche d’ailleurs les gestes les postures plombent la ligne du temps leur perpétuelle répétition dédouble le passé au présent l’un sur l’autre devenus transparents Bernard Noël, Les Yeux dans la couleur, P.O.L, 2004, page 143. |
Retour au répertoire du numéro de mars 2005
Retour à l’ index des auteurs

Laisser un commentaire