TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Laisses de mer

Publié le :

23 janvier 2005

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Catégorie(s) :

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Ph., G.AdC








LAISSES DE MER



À toi



Il faudra alors se satisfaire de l’extrême lenteur des jours
du parfum affadi des journées sans lumière
des coquillages vides sur les laisses de mer
du craquèlement des pas dans les pas de l’absent
du ricanement persistant des mouettes rieuses
des plumes abandonnées dans les recreux de dunes
des filins emmêlés dans les lagons d’oyats


Il faudra alors oublier la lueur du regard
et laisser au sourire le temps de s’estomper
de n’être plus qu’une ombre au coin de ta paupière
à peine un battement imperceptible des cils
la soie d’un cheveu pâle glissé entre deux pages
juste un mot évadé de tes courriers froissés
juste un nom éclipsé dans l’océan du ciel
une larme égarée dans l’infini silence


Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli





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Ph., G.AdC



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4 réponses à “Angèle Paoli | Laisses de mer”

  1. quelle tristesse dans ce poème… lettre à celui qui s’évanouit lentement…

  2. « …Les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
    où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers,
    Des êtres disparus aux regards familiers. »
    Baudelaire

  3. « Laisses de mer », je ne peux laisser passer. C’est un beau chant mélancolique et nostalgique et les photos de Guidu sont toujours aussi belles. Pourquoi les chants les plus tristes sont-ils toujours les plus beaux ? J’aimerais bien parfois l’inverse (et non l’averse).

  4. Guidu

    Cette nuit j’ai rêvé que l’on m’ interdisait de faire des photos ! Pour vous Angèle, je les ai faites quand même, les voici :
    ____________

    Un nègre aux dents jaunes vêtu de gris pousse un immense éclat de rire dans la trouée d’azur tachée.

    On ne distingue plus le gris bleu du ciel de la mer figée comme du plomb.

    Une interminable série de vagues se confond avec des arbres de cuivre jaune.

    Les murs de la ville s’écroulent dans une poudre de talc opaque.

    La course de la lune rattrape le cheval violine de l’ombre dans une course effrénée.

    Le vacarme insoutenable que produit le silence se confond avec le doux clapotis de l’étang qui vient d’apparaître au pied d’une falaise.

    Une herbe rougeâtre s’accoude mollement sur la chaise pendue par un pied, elle descend d’un plafond oblique au bout d’un fil de nylon invisible.

    La surface de l’immense champ recouvert de sable jaune est plane mais modulée par une série de stries disposées géométriquement comme les dessins que l’on voit sur le dos des zèbres …

    __________

    Me direz vous celle, ou celles que vous préférez ?

    Grazie
    Amicizia
    Guidu____

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