TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Antoine Emaz | Lichen lichen

Publié le :

21 décembre 2004

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Catégorie(s) :




Antoine_emaz
Antoine Emaz
Ph, Dominique Houyet







[LE FAISEUR]





Savoir pourquoi on écrit : la belle affaire ! Savoir pour qui on écrit : voilà qui devient plus éclairant. Savoir comment on écrit reste la vraie question, peut-être celle qui fait basculer d’un côté ou de l’autre de la littérature. Mais celui qui peut répondre définitivement cela n’est qu’un faiseur.



Antoine Emaz, Lichen, lichen, Editions Rehauts, 2003, page 56.





ANTOINE EMAZ


Emaz 2
D.R. Ph. Dominique Houyet




■ Antoine Emaz
sur Terres de femmes


Cambouis
Je travaille et je vois, après
Un lieu, loin, ici (poème extrait de Personne)
Plaie, XV
Poème des dunes
Poème-lettre
La poésie ?
Soirs






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3 réponses à “Antoine Emaz | Lichen lichen”

  1. hou hou.. les vraies et bonnes questions !

  2. M.P.

    Allez… Je te redonne une bouture de mon BDP (Bréviaire-Drevet-Patrick) mais je me place de l’autre côté du rivage. Je te parle du « Pourquoi on lit ? »

    « Aussi bien, lire permet d’accéder au fonds secret de l’autre plus lumineusement qu’on ne le pourrait au cours d’une rencontre. La lecture silencieuse apprend la patience d’être tolérant et aimant. Elle lave la parole de cette violence qu’elle prend souvent à l’oral parce qu’alors elle est plus ou moins, comme le geste, un moyen entaché du désir de l’emporter sur l’autre, de le convaincre, de le posséder. Et autant à écrire on se donne plus intégralement à toucher, autant à lire on accepte d’être touché plus intégralement, car le corps lui-même, bien que ce soit en ce qu’il a d’invisible, est inscrit dans la phrase qui traduit le mouvement du regard, la mesure d’une respiration, le rythme intime d’une existence singulière.
    […]
    …car la lecture, qui permet le contact de ce qu’il y a de plus intime en nous avec ce qu’il y a de plus intime dans l’autre, reste l’expérience la plus pudique qui soit. Nous y avons la révélation de la solitude d’autrui mais aussi la certitude que cette solitude connaît la nôtre: c’est par-dessus le temps et l’espace, la découverte d’une infinie fraternité. »

    Qu’en penses-tu ?
    ouh ouh les bonnes et vraies discussions Z’à venir…AVEC SANSMOI… Andiamo !

  3. LA SOLITUDE DU COUREUR DE SALON

    CHANSON DE SOLITUDE

    1
    Touchant
    Plein de mépris
    Dans la vie, tu parles
    Avec passion, des idées modes

    Tu parles
    Tu parles tout le temps
    Pour taire ta vie, vide au présent

    2
    Mordant
    Plein d’ironie
    Béa, tu écoutes
    Les illusions, de ton époque

    T’écoutes
    T’écoutes seulement
    Pour répéter des propos brillants

    3
    Troublant
    Plein de magie
    Ta cour tu séduis
    Dans les salons, tu colles au siècle

    Tu séduis
    Tu séduis tout le temps
    Pour oublier tes faux-fuyants

    4
    Patient
    Sans utopies
    D’un amour, tu rêves
    Mais tu es au creux de la vague

    Tu rêves
    Tu rêves tout le temps
    Pour t’inventer des désirs brûlants

    5
    Errant
    Seul dans ta nuit
    Des autres tu as peur
    Tu as vraiment le sens du moment

    T’as peur
    T’as peur maintenant
    De décrocher de ce monde glaçant.

    6
    Coustique
    Désabusé
    Sous le vernis
    De ta causerie couleur lilas

    Tu parles
    Tu parles tout le temps
    En faisant croire que tu es décadent

    7

    Là quand il faut
    Dans les palaces
    Tu cherches un maître sur qui régner

    Tu écoutes
    Tu écoutes tout le temps
    Pour redorer ton inconscient

    8
    Grisé
    Sous la coupole
    Tes actes manqués
    Sont des discours bien réussis

    Tu cherches
    Tu cherches tout le temps
    A emprunter des faux-fuyants

    9
    Seul
    Privé de public
    Le ring est vide
    Le show fini tu as froid dans le dos

    Tu as peur
    Tu as peur maintenant
    De ne plus sortir de ton divan

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