TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Jacques Ancet | Perdre les traces

Publié le :

12 décembre 2021

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Catégorie(s) :

<<Poésie d'un jour

Ce rire

Photo: G.AdC

Seul, avec le noir de nuit qui persiste dans
le jour. Seul, même avec, à côté, le
pied, la main, le visage, le partage du
silence, chaque objet dans son contour.
Seul avec la voix qui parle.

Le bruit sec que fait la tasse. C’est bien,
dit-il, c’est très bien. Et maintenant que
fait-on ? Du jour est tombé un voile gris.
Personne n’entend rien ni ne comprend rien
d’ailleurs. Il regarde, il ne voit pas.

Parfois il voit la lumière : elle vient sans qu’il
l’attende. Elle est là sur une feuille, sur le
sol ou sur les doigts. Il ne compte plus. Les
nombres se sont perdus. Il attend pro
nonce un mot – et l’oublie.

Il arrive au bout. Il va tourner la page, au
sens propre, au sens figuré aussi. Tour-
ner, oui. Un peu de vent pourrait l’aider.
La lumière tremblante, le bruit du sang
ou soudain, tout près, ce rire…

Perdre les traces

Jacques Ancet, Perdre les traces, La rumeur libre, 2021, pp.14,15,16,17


JACQUES ANCET

Jacques Ancet
Source

■ Jacques Ancet
sur Terres de femmes

[Le chant du même oiseau n’a pas cessé de me poursuivre] (extrait de Huit fois le jour)
Dans l’indéfini (extrait de Chronique d’un égarement)
L’égarement
[Je cherche] (extrait de L’Âge du fragment)
Image et récit de l’arbre et des saisons (lecture d’AP)
Je reviens
[On dit quelqu’un] (extrait des Travaux de l’infime)
On voit toujours (extrait de Puesto que él es este silencio)
Oublier l’heure (extrait de Chronique d’un égarement)
L’âge du fragment (extrait de La Vie, malgré)
[Mais c’est parce qu’il est tard] (extrait de Voir venir Laisser dire)
14 juillet | Jacques Ancet, Comme si de rien
10 décembre 2001 | Jacques Ancet, Un morceau de lumière
4 novembre 2012 | Jacques Ancet [Sous le bruissement du sang, tweet]

■ Voir | écouter aussi ▼

→ (sur Esprits Nomades) une page Jacques Ancet
Lumière des jours, le blog de Jacques Ancet
→ (sur le site de France Culture)
Alain Veinstein reçoit Jacques Ancet (Du jour au lendemain, 11 juillet 2011)


Une réponse à “Jacques Ancet | Perdre les traces”

  1. Très beau recueil chez nos amis de la Rumeur Libre. Et aussi celui ci : Voir venir Laisser dire de 2018. Quand on lit Jacques Ancet, point besoin de se demander ce qu’est un poète. Et on en trouve beaucoup , à portée de regard. Comme au temps de Zazieweb. Le numérique a fait exploser l’offre mais c’est aux lecteurs et lectrices comme toi de composer le bouquet du jour. Merci Anghula de reprendre le flambeau du site Terres de Femmes en souvenir de Yves Thomas ton compagnon.

    […]
    Si on se tait, on épèle
    ce qui vient. Il y a des mots
    qui n’en sont pas. On écoute
    leur bruit de salive froide.
    On a un murmure au fond.
    On écoute mieux. Des choses
    quelque part bougent. Une sorte
    d’appel qui n’en est pas un,
    un cri qui attend son heure.
    […]
    Quelque chos qui t’attend
    pourtant. Comment l’expliquer ?
    Comme un peu de soleil
    très haut, là où les yeux
    ne vont pas. Tu as vu
    le vieux mur, le bord du toit,
    la cour et le puits du ciel.
    La nuit, une seule étoile
    brillait, et son feu d’oubli.

    p.68 et 77

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