TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Geneviève Vidal-de Guillebon | Vie donner/nommer

Publié le :

12 février 2010

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Michelvidal2
Ph. Michel Vidal







VIE DONNER/NOMMER



1-


Grandes orgues grandes eaux
naître mer rouge
champ de bataille grandir

Tout enfant porte en lui une prophétie
à la fois Ismaël Isaac Moïse

chacun élu éprouvé

jeu danse rire
se battre

Redoutable père redoutable pouvoir

Comme Ismaël te voilà banni avec ta mère servante
condamné aux scorpions à la soif

Où aller ? Où aller ? Ô Agar résonne encore et encore ta mélopée

Ton cou sent le couteau d’Abraham
Tu trembles encore longtemps Isaac après que l’ange t’a sauvé

Ô Sara où te cachais-tu alors ? Fis-tu rempart de ton amour ?

Pharaon l’exterminateur
sa fille te recueille tu échappes à la noyade Moïse
et ta propre mère t’allaite

Connais-tu alors ta mission auprès de ton peuple ?

Champ de bataille grandir
affronter mille périls connaître mille morts

Tout enfant porte en lui une prophétie




2-


Grandes orgues grandes eaux
naître entre les cuisses d’une géante

Premier cri premiers pas
paroles lancées comme autant de graines

Tentative d’être Être pour de vrai

Nés de l’étincelle d’un désir

à jamais enfants
enfants cosmiques

Affranchis de la peur
Gardiens des ombres du Temps

Nul ne peut nous enchaîner
et nos meurtriers ne rencontrent que le vent

car l’enfance ne meurt pas



Geneviève Vidal-de Guillebon
D.R. Poème inédit de Geneviève Vidal-de Guillebon
pour Terres de femmes





■ Geneviève Vidal
sur Terres de femmes

Exil
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■ Voir aussi ▼

→ le site de
Geneviève Vidal
→ (dans la Poéthèque du site du Printemps des poètes) une fiche bio-bibliographique sur
Geneviève Vidal



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2 réponses à “Geneviève Vidal-de Guillebon | Vie donner/nommer”

  1. Christiane

    Etrange ce que je ressens à la lecture de ce poème… comme si ce qui était dévoilé par Geneviève Vidal était plus important que l’écriture. Juste il est dit des choses du secret adossant la fragilité de l’enfance à la démesure d’un dieu fou, un créateur qui n’a plus que les enfants pour dire son souffle…
    Vraiment étrange. Le gangue des mots est ici sans importance, ce qui est c’est ce qui palpite au fond du creuset : une parole inter-dite…

  2. Merci pour ce texte, sa découverte : « Nul ne peut nous enchaîner et nos meurtriers ne rencontrent que le vent car l’enfance ne meurt pas ». L’impermanence, la vacuité, l’illusion qu’il y a de penser avoir prise sur les évènements et une réalité multiple: j’aime ces thèmes, et je comprends mieux pourquoi à la lecture de la note bio-bibliographique de l’auteur, laquelle semble éprouver un intérêt manifeste pour le Tibet.
    Merci encore,
    Amitié,
    Syl

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