TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Nicolas Charlet | La Trilogie du bleu

Publié le :

04 juin 2005

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Catégorie(s) :

Topique : Bleu



Trilogie_bleue
Trilogie du bleu






Alors…

Vous verrez le bleu là où il n’est pas.

Vous verrez l’azur intérieur de la Vierge de Fra Angelico, vêtue d’une simple robe rouge, attentive à la voix d’un ange lui apprenant qu’elle porte un enfant. Les yeux fermés, le regard ouvert, vous verrez en creusant la forme.

La Vierge rouge porte le ciel en elle. L’inachevé signe la présence.

L’abîme qui s’ouvrira sous vos pieds gardera la trace du bleu qui colle aux paupières jusque dans la mort. La couleur faite espace ne vous quittera plus dès lors que vous l’aurez touchée, elle vous enveloppera dans vos chutes et vos absences.

Vous êtes encore bien petits.

Vous voudriez comprendre et déjà vous consolez.

Je ne parviens pas à me dessaisir de tout ce vide accumulé en moi, de toute cette mélancolie qui s’écoule sur mes joues sans s’annoncer.

Vous n’avez rien à craindre de vos larmes, le ciel en elles chante l’alouette.


Nicolas Charlet, Je vous baigne avec moi dans le bleu, Paris, Le Pli, pp. 32-35.





■ Nicolas Charlet
sur Terres de femmes

« Je suis hanté. L’Azur ! L’Azur ! »
L’hémorragie lumineuse de l’âme






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2 réponses à “Nicolas Charlet | La Trilogie du bleu”

  1. Bonsoir Angèle,
    Vous me donnez envie de lire cet auteur, l’extrait que je viens de parcourir est convaincant.
    Je prends toujours un plaisir fou à venir plusieurs fois par jour feuilleter votre blog.
    J’espère ne pas trop monopoliser ce lieu.
    Merci pour tout et bonne soirée
    Elisanne

  2. Bonsoir, Elisanne, bien au contraire cette belle complicité me plaît. Au risque peut-être (qui sait ?) de susciter quelque jalousie. Pour moi aussi, c’est un bonheur de venir vous rendre visite. Le matin, pour respirer une bouffée d’air pur, et le soir pour voir si la bergère est bien rentrée. Et si chacun a retrouvé la chaleur et l’intimité du bercail. Un rituel qui me rappelle mes enfances corses parmi les bergers du Cap. En même temps qu’elle m’évoque une tradition d’accueil que j’ai toujours appréciée par chez vous.
    Amicizia,
    Angèle

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