TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Mathieu Terence | Isula

Publié le :

11 décembre 2004

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Catégorie(s) :

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Topique : Insularité


« Puisatier du verbe, je n’ai de lien qu’avec l’opaque »
Claude Louis-Combet, Le Petit Œuvre poétique,
José Corti, page 75.





La vraie culture étant au plus près du flux de l’origine « pas encore avalisée » et gardant toujours « un reflet de l’innocence native » et de l’émerveillement de l’enfance, comme le souligne Philippe Jaccottet dans Paysages avec figures absentes, que vaudrait le réel sans cette figure du désir qu’est l’illusion ?

À la manière de Jaccottet, j’aimerais, « l’esprit assuré », simplement sourire de quiconque s’écrie : « J’ai compris le secret du langage, il n’y a pas deux manières de dire », mais je préfère confier au lecteur ces vers de Mathieu Terence en forme d’envoi de mon île natale :


« Je longe la plage
Ce sable d’accord
Avec son poids si blanc,
Et je m’allonge
Dans une eau
Aux dimensions du monde. »


Mathieu Terence, L’Ile, Editions Leo Scheer, 2004, page 22.





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Sur le thème de l’île, je conseille la lecture des actes du colloque « L’Île Laboratoire » de l’Université de Corse (19 au 21 juin 1997). Textes réunis par Anne Meistersheim et publiés par ailleurs par les éditions Alain Piazzola.





■ Voir aussi ▼

→ (sur Terres de femmes)
Isula, Insula
→ (sur le site de France Culture)
Histoire de l’insularité (débat sur l’île comme laboratoire politique, avec Franck Lestringant, Eric Fougère et Anne Meistersheim)



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3 réponses à “Mathieu Terence | Isula”

  1. M.P.

    MOI VOIS-TU

    « Moi vois-tu, je serai près de toi
    Pour que ta mémoire
    Puisse garder en son sein un jardin fertile
    Inondé de soleil »

    EO SAI

    « Eo sai saraghju quì
    Pè chì memoria toia
    Abbia sempre una lenza de annacquà
    Un sole da ragighjà »

    […]

    Moi vois-tu, je serai près de toi
    Lorsque fondent les dernières neiges
    Déchaînant la colère de Golu
    Anéanti par les annnées mais silencieux

    Je serai près de toi
    Pour t’écouter encore dire cent choses et plus

    Eo sai saraghju quì
    Quandu strughje l’ultima neve
    E chi Golu fattu si ne hè zergosu
    Da l’anni sbrembatu ma silenziosu

    Eo sai saraghju quì
    A sente ti centu hè più cose di »

    Deux couplets de EO SAI
    Una tarra ci hè
    © A Filetta
    Paroles et Musique de Ghjuvan-Claudiu ACQUAVIVA

  2. angèlepaoli

    O TERRA

    « O terra ruda di l’alti muntagni
    Sempri incristata d’una nevi bianca
    Senti anc’avà crescia tanti lagni
    Ma di sfidà u mondu ùn sè stanca.

    O terra sbancata da li frusteri
    Li to ochji so li surgenti chjari
    Chi lasciani scappà li so misteri
    Senza chi mai qualunqua i pari.

    O terra chi sott’ à nimu ti stracqui
    Stendu sempri ritta in i turmenti
    Hà vistu scorra tanti è tanti acqui
    E’t’ani assaltatu tamanti venti.

    O terra ricolma ad umanità
    In senu à tè stani L’ossi sdrutti
    So da no sumenti di libertà
    E’ribombani i so voci muti.

    O terra di li lochi in rivolti
    Un’semu micca omini è donni morti
    E’mancu bramemu d’essa sipolti
    Fin tantu à facci a nostra sorti. »

    © A Filetta

  3. Critias

    « Je suis certain de savoir ce que tu voudrais dire. Quand viendra l’heure, réalise cette intuition, cette image dispersée dans l’eau, peut-être même le geste timide à demi-ébauché qui t’obsède depuis ton enfance. Ne te laisse pas troubler par les détails ajoutés par les mois et les années qui passent. Ils ne sont pas importants. Où que tu sois, choisis d’oublier tout ce qui t’arrive. Si tu le peux, pense à la multitude de façons dont tu dis Toi à quelqu’un qui n’est pas ça. »

    Aleš Debeljak, Minutes de la peur, éditions Domens, 2001, p. 30. Poèmes traduits du slovène par Andrée Lück-Gaye.

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